Loving Vincent : sur les traces de Van Gogh

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À Arles, la nouvelle du suicide de Van Gogh vient de tomber. Bouleversé par la mort de son ami, le facteur Joseph Roulin charge son fils Armand de remettre en mains propres une lettre du peintre à Théo Van Gogh, son frère. Le jeune arlésien part ainsi à sa recherche, débutant malgré lui une véritable enquête sur les traces de l’artiste. Pourquoi Vincent Van Gogh a-t-il mis fin à ses jours ? S’est-il vraiment suicidé ? Le récit s’articule autour de l’enquête d’Armand Roulin et de ses différentes rencontres, de Paris à Auvers-sur-Oise.

« On ne s’exprime que par nos tableaux » disait Van Gogh dans une de ses nombreuses lettres. Le film Loving Vincent (La Passion Van Gogh en français) respecte bien cette idée, car ce sont véritablement les œuvres qui portent le film et racontent l’histoire en s’animant. Ce long-métrage d’animation britannico-polonais est une véritable prouesse technique, utilisant le procédé de la peinture animée : les images sont d’abord tournées en prises de vue réelles, puis peintes à l’huile. Pour réaliser ce format inédit, une équipe de 68 peintres spécialisés dans le style de Van Gogh ont travaillé pendant plusieurs années sur chaque plan. Pour donner une idée du travail que nécessitait ce procédé : une seconde de film équivaut à douze peintures. Chacun des 62 450 plans est une huile peinte à la main. 120 oeuvres de Van Gogh ont également été choisies et intégrées au récit, ancrant le spectateur dans un univers bien connu, fait de tournesols, de corbeaux et de ciels étoilés. Tous les personnages ont été peints par Van Gogh à un moment de sa vie, renforçant la vraisemblance de l’histoire et le sentiment de peinture qui prend vie. 800 lettres issues de la correspondance de Van Gogh ont également été utilisées pour construire le récit des derniers jours de la vie du peintre.

 

Si le scénario n’a rien d’exceptionnel et peut parfois manquer de rythme, la beauté de chaque plan compense et on se laisse bercer par les images. Très poétique, Loving Vincent est plus un film contemplatif qu’un film d’action, et le spectateur se laisse happer par les réflexions d’Armand Roulin sur la mystérieuse fin de vie du peintre. La présence de scènes de flashback en noir et blanc ne fait que renforcer l’éblouissement du spectateur à chaque retour à la couleur.

Premier long-métrage d’animation entièrement réalisé à la main, Loving Vincent est écrit et réalisé par Dorota Kobiela et Hugh Welchman. Il se distingue des biopics d’artistes non seulement par sa forme, mais aussi par son propos : il s’agit d’une réflexion sur l’artiste, qui est vu à travers les yeux des autres personnages. L’image de Van Gogh est donc nuancée, à l’inverse du Cézanne caricatural dépeint dans Cézanne et moi. La beauté visuelle du film vaut de toute façon, à elle seule, le détour.

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1 Comment

  1. Ah, j’ai vu des extraits sur je ne sais plus quel site, c’est vraiment un superbe travail ! Pour une fois, un biopic qui ne dénature pas l’artiste (ce qui est assez rare, il en existe mais j’en ai vu peu). Je suis d’accord avec toi pour Cézanne et Moi, le personnage paraît réellement hyper caricatural, du coup j’ai pas vraiment accroché. En revanche, celui sur Munch (qui date) et le récent sur Egon Schiele sont vraiment biens. J’avais bien aimé Frida, bien que le personnage soit un peu survolé psychologiquement. Pas encore vu Gauguin, mais vu ce que les historiens d’art en disent, je vais peut-être m’abstenir… En parlant de Van Gogh, la semaine prochaine, la 5 diffuse une soirée entière consacrée au peintre, avec un biopic que je ne connais pas, et des documentaires…Belle journée !

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