Bavardages #4 : Juin 2018

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Ceux qui me suivent sur Twitter le savent peut-être, je suis actuellement très occupée à la rédaction de mon mémoire de master. C’est pourquoi le blog tourne au ralenti depuis quelques semaines. Cependant, ce n’est pas parce que je ne poste pas d’articles que je ne visite pas d’expos. Aujourd’hui, je vous propose un article de rattrapages des dernières expositions que j’ai vues !

Or, au Mucem

Comme tout ce qui brille, l’or attire les regards et la convoitise. Il montre la richesse et le pouvoir de celui ou celle qui le porte. Matériau millénaire, il a traversé les âges en étant un support privilégié de tous les arts. La création contemporaine ne fait pas exception. Elle se réapproprie le médium et ses symboliques sacrées, religieuses, politiques et esthétiques. L’exposition du Mucem propose un dialogue extrêmement riche* entre l’histoire, l’archéologie, et l’art contemporain, à travers le prisme de l’or et de tous ses enjeux. Simple métal de couleur jaune, l’or permet pourtant d’explorer toutes les civilisations, car il témoigne des moeurs, des rites et des savoirs-faire. De tous les matériaux, l’or est sans doute le plus universel, et les artistes l’ont bien compris. Les oeuvres d’Yves Klein, César, James Lee Byars, Louise Bourgeois, Johan Creten, ou encore de Liza Lou entrent ainsi en résonance avec les centaines d’objets en or qui composent cette exposition, pour un voyage étincelant à travers l’histoire de l’art. Une exposition à mon sens très réussie, qui exploite toutes les facettes de son sujet, de la thésaurisation à la plasticité, en passant par la symbolique. Même les moins sensibles au bling-bling seront séduits par l’universalité de ce métal, au coeur de toutes les civilisations.

*Le jeu de mots n’était pas volontaire !

Gilles Barbier the Treasure Room 2012 © Adagp Paris 2018 Photo Jean-Christophe Lett
Danaé (détail) attribué à Jean-Laurent Mosnier © Musée de la Métropole Rouen Normandie
Lingot Timis Roumanie XVIIe avt JC © MNIR photo Marius Amarie

César | marseillais, à la Galerie Alexis Pentcheff

Artiste majeur du XXe siècle, César est à l’honneur à la Galerie Pentcheff dans une rétrospective d’une cinquantaine d’oeuvres. Issues de collections privées, les oeuvres présentées sont inédites, certaines exposées pour la première fois. Elles témoignent du caractère protéiforme de son art, qui s’est émancipé des techniques traditionnelles de la sculpture acquises à l’École des Beaux-Arts. “Je suis devenue sculpteur parce que j’étais pauvre !” dira-t-il, cet enfant de Marseille, originaire de la Belle-de-Mai. Il utilise des matériaux de récupération, et réalise dès 1949 des oeuvres de feuilles de plomb, de plâtre et de fil de fer et autres ferrailles. Sa carrière prend un tournant en 1958 lorsqu’il découvre la presse hydraulique dans une casse de Gennevilliers. C’est le début des Compressions. Plus tard, viendront les Expansions, les Empreintes Humaines, les Combustions… L’exposition rend hommage à l’artiste et à toutes les facettes de son oeuvre. Après la rétrospective du Centre Pompidou, c’est comme un retour aux sources, dans sa ville natale, là où il n’aura jamais eu son musée…

César, Le Centaure, hommage à Picasso, 1983-1987, Bronze, fonte Bocquel numérotée 5/8. 101 x 105 x 48,5 cm, Collection particulière.
Vue de l’exposition “César | marseillais”
César, par Jean Ferrero

Courbet, Degas, Cézanne… Chefs-d’oeuvre réalistes et impressionnistes de la collection Burell, au Musée Cantini

Le mendiant donnant l’aumône de Gustave Courbet accueille le visiteur et annonce la couleur. Cet été, le Musée Cantini expose  les oeuvres réalistes et impressionnistes issues de l’exceptionnelle collection de William Burrell, riche armateur écossais. L’exposition est un évènement : les oeuvres quittent le sol écossais pour la première fois depuis leur acquisition par Burrell. C’est aussi un évènement culturel pour la ville de Marseille, qui accueille rarement des expositions consacrées à ces courants picturaux. Le visiteur peut ainsi admirer des paysages, des natures-mortes ou des scènes de vie, de Courbet, Degas, Millet, Daumier ou encore Cézanne, témoignages de la modernité de la peinture française de la seconde moitié du XIXe siècle. Une cinquantaine de peintures et de dessins sont donc à découvrir, dont beaucoup de petits formats, qui contribuent à redonner une ambiance intimiste au Musée Cantini, ancien hôtel particulier. Parallèlement, le Musée des Beaux-Arts de Marseille sort ses chef-d’oeuvres de l’École de Barbizon et du Réalisme dans un accrochage en miroir de l’exposition temporaire. Une exposition pour les amoureux de peinture et d’histoire de l’art.

Gustave Courbet, L’aumône d’un mendiant à Ornans (détail), 1868
Eugène Boudin, Personnes sur la jetée à Trouville, 1869
Edgar Degas, La répétition, 1874

Parfums d’interdit / Secrets de Silhouettes / El archivo de la memoria, au Musée Fragonard de Grasse et Musée provençal du costume et du bijou

Grasse, ville des parfums, expose les Parfums d’interdit de l’art de vivre des XVIIIe et XIXe siècles. Le Musée Jean-Honoré Fragonard révèle les dessous d’une peinture audacieuse, cachant subtilement les non-dit de l’amour et du libertinage. Sur fond de Liaisons Dangereuses, les toiles exposées ont ainsi toute en commun un sens caché, nettement plus tendancieux que ce qu’on pourrait penser au premier regard.  La délicatesse d’une rose, ou l’abandon à un livre qu’on ne tient que d’une main, chaque scène regorge de détails à la fois discrets et évocateurs sur l’échange charnel. L’exposition présente également les nouvelles acquisitions du musée, dont l’oeuvre inédite L’oiseau chéri, récemment redécouverte par Carole Blumenfeld. Le visiteur peut aussi découvrir deux expositions complémentaires : Secrets de Silhouettes et El archivo de la memoria. Les sous-vêtements féminins sont un formidable témoignage de l’histoire des femmes. Paysannes ou bourgeoises, ils documentent leurs conditions de vie et l’évolution de la mode. Dans une scénographie élégante, les dessous cachés sont, pour une fois, sous les projecteurs. Le photographe espagnol Juan Manuel Castro Pietro mène depuis les années 2000 le projet El archivo de la memoria : il parcourt les musées du monde entier pour réaliser des prises de vues personnelles d’oeuvres appartenant au patrimoine culturel collectif. Jouant sur les effets de flou et de cadrage, il se réapproprie l’oeuvre d’art existante pour en créer une nouvelle, et propose ainsi une véritable réflexion patrimoniale.

Pierre Alexandre Wille, Le bouton de rose (détail), 1777
Louis Rolland Trinquesse, Jeune femme tenant sa correspondance dans son boudoir (détail), 1783
Jean-Honoré Fragonard et Marguerite Gérard, Le Bouquet (détail), 1783-1784.

Et vous, quelles sont les dernières expos que vous avez vues et aimées ? Promis, je reviens le plus vite possible, avec des vrais articles d’histoire. En attendant, bon été ! 

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